miércoles, 26 de marzo de 2014

Trouble d’hyperactivité avec déficit de l’attention (THADA)

Trouble d’hyperactivité avec déficit de l’attention (THADA)

Des approches cognitives et neurocognitives effectuées chez des enfants et
adolescents présentant des déficits attentionnels associés à une hyperactivité
apportent des renseignements intéressants concernant la mémorisation et les
fonctions exécutives de ces patients.

Approche cognitive des troubles de l’attention avec hyperactivité
(THADA)

Les enfants présentant des troubles d’hyperactivité avec déficit de l’attention
(THADA) ont des difficultés de mémoire à court terme notamment quand ce
trouble est associé à la répétition de mots ou la conscience phonologique ainsi
que les tâches impliquant la lecture. Cependant, on a l’habitude de penser que
les difficultés demémoire chez les enfants ayant un THADA sont plutôt le fait
des conséquences de l’inattention qu’un problème dissocié. Chez les enfants
atteints de THADA, il peut être difficile de déterminer si certaines difficultés
d’apprentissage sont dues à l’inattention ou à des déficits spécifiques de mémoire
ou aux deux. Johnson et coll. (1999) montrent que l’inattention
entraînera des échecs aux épreuves d’évaluation de la mémoire et qu’il existe
également chez ces enfants un problème de mémoire spécifique. Les tests de
mémoire peuvent aider à révéler si un enfant a des troubles d’apprentissage à
cause de problèmes d’attention auditive souvent augmentés avec l’hyperactivité,
ou à cause d’une difficulté de mémoire de rappel. Cette étude aide à
expliquer pourquoi les enfants hyperactifs qui reçoivent une médication pour
leur hyperactivité peuvent malgré cela conserver des difficultés de mémoire.
En effet, la médication peut améliorer l’attention chez les enfants hyperactifs,
mais n’améliore pas les difficultés de mémoire ce qui a pour conséquences des
troubles d’apprentissage. L’étude insiste sur le besoin de trouver si d’autres
types de médications peuvent traiter l’hyperactivité et être efficaces sur la
mémoire ou proposer aux enfants des programmes de rééducation ou d’entraînement de leurmémoire en plus de leur traitement parmédication. Johnson et
coll. (1999) mentionnent que l’étude en question est unique dans la mesure où
elle a examiné différents types d’hyperactivité et de difficultés d’apprentissage.
En effet, l’étude a porté sur 40 enfants âgés de 7 à 14 ans qui avaient une
hyperactivité et sur un deuxième groupe de 40 enfants de la même tranche
d’âge qui avaient de simples difficultés d’attention sans hyperactivité ou
comportement d’impulsivité. Les chercheurs ont fait passer des épreuves
psychométriques et ont constitué des groupes selon le niveau scolaire, le sexe
et les scores aux épreuves de lecture. Les enfants des différents groupes ont
ensuite réalisé un test de mémoire des couleurs pour évaluer la mémoire
verbale et visuelle. Le test de mémoire des couleurs consiste à ce que le sujet
retienne des séries de couleurs dont les noms sont énoncés par séries de plus en plus longues, le sujet répond en pointant les couleurs qu’il a retenues. Ainsi on
a une évaluation de la mémoire verbale à court terme. On fait faire la même
activité cette fois en présentant les couleurs sans les nommer, le sujet doit alors
pointer dans l’ordre les couleurs adéquates dans le panel proposé. Cette
examen donne une évaluation de la mémoire visuelle à court terme. Trois
autres tests impliquaient une présentation des couleurs de manière visuelle,
mais en demandant au sujet de nommer dans l’ordre les couleurs perçues, une
présentation orale et une réponse orale (empan auditif classique) et une
présentation pointée de séries de couleurs que le sujet doit nommer. Les
résultats montrent que les enfants hyperactifs, qu’ils aient des difficultés
Troubles mentaux − Dépistage et prévention chez l’enfant et l’adolescent
d’apprentissage associées ou non, ont des résultats significativement inférieurs
aux épreuves de mémoire que les enfants qui ont de simples difficultés d’attention.
On admet facilement que l’attention sélective entretient une relation étroite
avec la mémoire. Par exemple, Lee et coll. (1983) ont montré que, parmi des
enfants de 1 an et demi à 2 ans, ceux qui se souvenaient le mieux des
emplacements d’objets étaient ceux qui contrôlaient le plus longtemps leur
impulsivité. Les travaux d’Hagen et d’Hale (1983) montrent qu’il existe dans
toute tâche d’attention une information centrale ou relevante et une information
incidente ou irrelevante. Au cours du développement entre 6 et 12 ans,
un enfant normal va développer ses facultés d’attention vers la tâche centrale
et diminuer sa prise d’information de la tâche incidente. Les enfants présentant
des troubles de la qualité de l’attention ne vont pas développer cette
faculté et vont rester pareillement attentifs à la fois à la tâche centrale
(importante) ainsi qu’à la tâche incidente (moins importante). Ces enfants
mémoriseront donc des informations utiles et non utiles au même moment, ce
qui ne leur permettra pas de se focaliser sur les éléments importants à apprendre.
Les processus cognitifs utilisés par des enfants présentant des troubles d’hyperactivité
avec déficit de l’attention ont été étudiés par Robitaille et coll.
(1990). Dans cette étude, les enfants porteurs du diagnostic concerné présentaient
des cotations au processus séquentiel inférieures à celles d’un groupe
témoin. Cette différence s’avérait statistiquement significative. De plus, les
enfants hyperactifs démontraient dans l’ensemble une nette différence entre
les cotations de leurs processus cognitifs, au profit du processus simultané. Ces
processus mentaux dont font état les auteurs sont issus de théories développées
par Das et coll. (1975) et Beller (1970). Les deux processus dont il est question
se présentent comme suit. Dans le processus simultané (Sim), il y a intégration
des stimuli par groupes, de manière à ce que les éléments soient vus comme un
tout. Les éléments sont alors tous interreliés et sont accessibles en même
temps. Dans le processus séquentiel (Séq), les stimuli sont intégrés dans un
ordre temporel, organisés en séries. Chaque élément est relié à l’élément qui le
suit et seulement à lui, de sorte qu’ils forment une chaîne. Ces idées reprises
par Das (1973) ont permis de confirmer l’hypothèse que la dichotomie
séquentiel-simultané est une classification assez fidèle des capacités cognitives.
Das avait mené ces travaux en réaction à la proposition de Jensen (1970)
selon laquelle le traitement de l’information se faisait selon les modalités de
raisonnement visuo-spatial.
En résumé, sur le plan cognitif, il y a une difficulté de mémoire séquentielle
chez la plupart des enfants THADA, ce qui n’est pas sans conséquence sur la
compréhension du langage, la conscience phonologique et syntaxique et sur
l’apprentissage du calcul.

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