Qu’est-ce que la dyspraxie ?
La dyspraxie développementale est un trouble des apprentissages spécifiques au même titre que la dyslexie. Selon Stamback (1962) « il s’agit d’enfants d’intelligence normale, ayant une relative facilité dans le domaine du langage mais présentant par ailleurs des difficultés importantes sur le plan moteur et de l’organisation spatiale ». Les enfants dyspraxiques ont des difficultés à planifier, à programmer et à coordonner des gestes complexes, intentionnels et orientés vers un but. Ils ont des difficultés à élaborer le programme moteur qui leur permettra de réaliser un geste conscient, à prendre en compte les feedbacks internes et externes pour modifier leur mouvement et surtout leur cerveau n’intègre pas la séquence motrice qui sous-tend l’automatisation d’un geste. Les gestes complexes nécessitant un apprentissage, comme l’écriture, ne deviennent donc jamais automatiques chez les enfants dyspraxiques qui doivent tout au long de leur existence prêter une attention importante à des gestes que les autres enfants apprennent peu à peu à réaliser de manière automatique.
Dans la majeure partie des cas, ces difficultés de coordination des praxies sont associées à des troubles oculomoteurs. Les enfants dyspraxiques ont des difficultés à organiser leur regard et de la même façon qu’ils doivent contrôler consciemment l’organisation des gestes complexes, ils doivent contrôler volontairement l’organisation et le calibrage de leurs saccades oculaires. Cette difficulté à acquérir des stratégies de regard efficaces est extrêmement pénalisante puisqu’elle compromet l’accès aux informations présentées visuellement.
Un handicap méconnu mais fréquent :
En ce qui concerne la prévalence de la dyspraxie, les chiffres sont élevés: 5 à 7% des enfants de 5 à 11 ans selon le haut comité de santé publique. Même s'il est évident que tous les enfants sont loin d'être repérés à l'époque actuelle, cette pathologie est susceptible de concerner plus de 250 000 enfants scolarisés en primaire soit près d’un enfant par classe.
Un dysfonctionnement cérébral
Parce que ces perturbations apparaissent en l’absence de lésion cérébrale avérée, elles ont trop souvent par le passé été mises sur le compte d’une immaturité de l’enfant, d’un trouble affectif ou d’un manque de stimulations. Elles sont en fait le reflet d’un dysfonctionnement du cerveau.
Conséquences de la dyspraxie dans la vie quotidienne
Comme pour toute pathologie développementale, les troubles ont une expression plus ou moins sévère suivant les enfants mais les conséquences de la dyspraxie sont multiples et perturbent la vie quotidienne. Les enfants dyspraxiques sont pathologiquement maladroits. Ils tombent, se cognent, bousculent les autres et laissent échapper les objets. Ils rencontrent de grandes difficultés à s’habiller seuls, ne parviennent pas à faire leurs lacets, à boutonner leurs boutons. Les séances d’habillage leur demandent des efforts considérables et tout imprévu, telle qu’une manche de manteau à l’envers, aboutit inéluctablement à un échec, l’enfant s’avérant alors incapable de s’habiller. Le maniement des couverts reste longtemps difficile et les enfants dyspraxiques ont bien du mal à manger proprement et à ne pas renverser leur verre. Prendre un aliment dans une assiette avec une fourchette et le porter jusqu’à leur bouche requiert toute leur attention et ils préfèrent souvent manger avec leurs doigts ou ne pas manger tant l’effort est important. Se repérer dans l’espace est extrêmement difficile pour ces enfants qui errent dans les couloirs sans parvenir à retrouver leur salle de classe. Ils rencontrent aussi de réelles difficultés à se repérer dans le temps et décontenancent leur entourage en demandant en plein milieu de journée si on est le matin ou le soir. Les difficultés visuo-spatiales rendent très difficiles les activités de rangement et d’organisation des objets (préparation du cartable, par exemple).
La sphère des loisirs n’est pas épargnée. Rares sont ceux qui parviennent à coordonner suffisamment bien les jambes et les bras pour apprendre à nager ou à pédaler sur une bicyclette dans les âges standards et attraper et lancer un ballon dans une direction déterminée est loin d’être évident pour eux. Leurs difficultés de motricité fine les gênent dans bon nombre d’activités : les jeux de construction, les puzzles, mais aussi le coloriage, le dessin, et le découpage


